• AGBU Spotlight – Tania Eojourian

AGBU Spotlight – Tania Eojourian

9 novembre 2021

Tania Eojourian est une alumnus du programme de leadership de l’UGAB, Goriz. Tania a été membre actif des Jeunes Professionnels (YP) de l’UGAB à Chypre et plus récemment, elle a pris part au AGBU Business Mentors Programme en tant que mentor pour les femmes entrepreneurs d’Arménie.

3Tania Eojourian – Avocate

Comment a débuté votre engagement à l’UGAB et quels aspects de l’organisation vous ont attiré ?

TE : Mon implication dans l’UGAB a commencé en 2018, lorsqu’un ami m’a recommandé de rentrer dans le réseau des Jeunes Professionnels (YP) de l’UGAB à Chypre. J’étais très heureuse de pouvoir faire partie de cette « famille » de l’UGAB, dont l’histoire est si riche. J’étais décidé à m’investir auprès de ce réseau et l’aider à se développer dans un pays qui ne compte pas plus de 3 000 citoyens arméniens. En 2019, j’ai occupé le poste de secrétaire, ce qui m’a permis de m’impliquer davantage dans la vie quotidienne de l’organisation. En tant qu’Arménienne née à Chypre, dont les ancêtres ont survécu au génocide arménien de 1915, mon objectif était non seulement de promouvoir mon identité, mon patrimoine et ma culture, mais aussi de proposer mes compétences et mes connaissances en tant qu’avocate et jeune professionnelle à travers des événements à Chypre mais aussi en Arménie. Faire partie des Jeunes Professionnels de l’UGAB m’a aidé à me reconnecter avec mes racines, avec des jeunes Arméniens et m’a offert l’opportunité de participer au programme de leadership Goriz.

En effet, vous avez pris part au programme de leadership de l’UGAB, Goriz, en 2019. Pourriez-vous décrire de quelle manière le programme a contribué à votre développement professionnel et/ou personnel ?

TE : Ce programme a été une expérience unique dans ma vie. Il m’a donné l’occasion de voyager à Bruxelles et à Erevan et de rencontrer d’autres professionnels arméniens du monde entier, ainsi que les personnes à l’origine du programme, qui ont partagé leur expérience et leur passion. Le premier séminaire, qui s’est tenu à Bruxelles, portait sur la pensée positive. Ce séminaire m’a permis d’améliorer mes compétences techniques, comme la planification et la gestion de projet, et m’a aidé à réfléchir aux activités qui me motivent et me challengent. Il m’a également aidé à changer mon état d’esprit et à renforcer ma conscience. Le deuxième séminaire, qui s’est tenu à Erevan, m’a permis de développer des stratégies pour me sentir plus à l’aise, prendre des risques, affronter mes peurs et sortir de ma zone de confort tant sur le plan personnel que professionnel. Cela m’a donné la force de poursuivre mon rêve, celui d’ouvrir mon propre cabinet d’avocats à Chypre. Une autre chose importante que j’ai apprise dans le cadre du programme est que « la vie est plus gratifiante quand on s’enrichie intérieurement ». Ces mots étaient écrits dans l’une des brochures du module que nous avons reçu et m’ont profondément marqué. Une autre leçon que ce séminaire m’a enseignée est celle de pouvoir identifier ses limites et contribuer à instaurer un climat de confiance, à développer un réseau de manière stratégique, à forger une communauté solide et à faire de ma vision une réalité. Cela m’a aidé à construire mon propre réseau au travail. Grâce au programme, j’ai également appris à identifier ma source d’énergie et les activités qui la nuisent. J’ai appris à me sentir à l’aise avec la personne qui se tient en face de moi en baissant ma garde et en l’invitant dans mon espace personnel ou professionnel. Cela m’a aidé à contrôler mon énergie, mon comportement, mes paroles et mes actions, me permettant ainsi de mieux réussir dans tous les domaines, que ce soit au travail ou à la maison.

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En 2021, par le biais de l’initiative EUDiF Capacity Development Lab, vous avez également participé au programme de mentorship de l’UGAB et mené des séances de mentorat avec des femmes entrepreneurs d’Arménie. Pourriez-vous partager votre expérience du programme en tant que mentor ? 

TE : Avant de participer au programme de mentorship de l’UGAB, je me suis portée volontaire pour participer au AGBU ANI Adult Learning Program, une initiative visant à améliorer la connaissance de l’anglais des populations locales arméniennes, par le biais de 12 sessions hebdomadaires avec des Arméniens de la diaspora. J’ai été très satisfaite des réactions et des retours positifs. Grâce à cela, l’UGAB m’a proposé de participer au AGBU Business Mentors Program, par le biais de l’initiative EUDiF Capacity Development Lab. Lors de ma visite en Arménie en juillet 2021, j’ai pris part au programme AGBU Women Entrepreneurs (AGBU WE) en tant que qu’intervenante sur le thème « Introduction au système commercial Arménie-UE ». L’objectif de cette session était de présenter le système commercial Arménie-UE aux femmes entrepreneurs et les guider, à travers les moyens légaux, dans l’exportation de leur marchandise. Cette expérience fut formidable et m’a permis de faire la connaissance de femmes pleines de passion, d’énergie et de grands objectifs. Ce programme montre l’importance d’impliquer les femmes dans le développement économique de l’Arménie et de construire un réseau solide de femmes entrepreneurs. 

Dans le cadre du partenariat entre l’UGAB Europe et l’EUDiF, vous avez récemment rédigé un guide pour les participants du programme de mentorship sur les réglementations et les procédures commerciales entre l’Arménie et l’UE. Pouvez-vous décrire les objectifs de ce guide et comment il répond aux besoins des femmes entrepreneurs d’Arménie ?

TE : Les objectifs de ce guide sont de fournir les informations nécessaires pour appréhender le marché de l’UE en fournissant des procédures, étape par étape, pour l’exportation de produits de l’Arménie vers l’UE, tels que le papier recyclé, la décoration, les bijoux ou les sacs. Il présente les accords actuels qui sont en place entre l’Arménie et l’UE ainsi que les exigences à prendre en compte lors des échanges commerciaux, tels que le niveau des taux de droits, les prélèvements applicables, les formalités à l’importation et à l’exportation, les exigences non tarifaires, les exigences d’emballage, de marquage et l’étiquetage ou encore les méthodes de production. Il comprend également des options d’aide au financement (par exemple lorsque vous souhaitez franchiser un produit), les étapes pour développer les chaînes de valeur de l’industrie, des spécifications sur les réglementations et des directives sur la façon de faire du commerce sur les plateformes en ligne. Ce guide se concentre sur les entreprises créées par les femmes entrepreneurs d’Arménie, avec des chapitres spécifiques par produit. Il présente les éléments de base qu’un entrepreneur doit connaître avant de pénétrer sur le marché européen. 

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En tant que jeune professionnelle arménienne de Chypre, pourquoi vous semble-t-il important pour de contribuer au soutien de l’Arménie et quel conseil donneriez-vous aux Arméniens de la diaspora ? 

TE : Bien qu’il existe de nombreux programmes visant à aider l’Arménie en lui offrant de meilleures opportunités de travail, en renforçant la gouvernance fiscale du pays ou en améliorant la participation de la société civile au processus de décision démocratique, l’entrepreneuriat joue un rôle clé dans l’économie. Il est vital pour chacun d’entre nous de soutenir la créativité et l’innovation de ces femmes entrepreneurs et de les aider à transformer leurs rêves, leurs ambitions et leurs idées en réalité. Avec l’augmentation significative d’entreprises fondées par des femmes, c’est un accomplissement de pouvoir partager mes connaissances et de contribuer autant que possible à aider ces femmes entrepreneurs qui utilisent leurs ressources et leur temps pour créer de nouvelles opportunités commerciales. Nous, la communauté arménienne du monde entier, devons faire preuve d’un engagement sans limite envers l’Arménie dans différents projets visant à améliorer les faiblesses sociales, économiques, technologiques, éducatives et commerciales. Il est important de comprendre et de s’informer sur les difficultés auxquelles les Arméniens sont confrontés. Nous avons les compétences et les connaissances nécessaires pour identifier, évaluer, utiliser et améliorer les technologies et les techniques de production existantes et d’en proposer des nouvelles afin de moderniser les processus et ainsi nous lancer dans de nouvelles activités en Arménie.

Selon vous, quels sont les meilleurs atouts de l’UGAB et quels sont les programmes que vous aimeriez voir se développer à l’avenir ?

L’UGAB est l’une des plus anciennes organisations à but non lucratif et offre depuis toujours des opportunités aux Arméniens de la diaspora de contribuer à un avenir meilleur pour l’Arménie. Tous les programmes de l’UGAB auxquels j’ai participé ont été des expériences extraordinaires et je souhaite qu’ils continuent de se développer. Je suis particulièrement enthousiaste du programme AGBU ANI dont le but est d’aider les Arméniens à améliorer leur niveau d’anglais en les mettant en relation avec des anglophones de la diaspora. L’autre programme que j’aimerais voir se développer est AGBU EmpowerHer qui vise à faire progresser l’indépendance socio-économique des femmes en Arménie et à améliorer leur bien-être, par le biais du développement professionnel, de l’entrepreneuriat et du leadership.

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